L'idée allait bien au delà du désir de s'implanter dans un joli cadre verdoyant, il s'agissait ici de se fondre dans la nature, d'y ressentir les arbres, de s'enraciner parmi eux, et de concevoir une architecture étroitement liée à la magie du lieu: une interface entre le construit et le non construit. Le bâtiment s'accroche à la pente, juste sous la crête, de façon à enrichir le site d'un large espace ouvert sur le lointain qui s'étend sur le toit de la bâtisse recouverte de terre. De cet espace émerge l'entrée. Cette situation renforce le sentiment de pénétrer dans un lieu intimement lié au site. A l'approche seuls quelques murs apparaissent en indice de la construction. Sa réalité se révèle progressivement mais garde son mystère. L'architecture s'ouvre généreusement en contrebas comme une émergence du sol et libère son ossature, toute en bois, à la conquête de la lumière, face au soleil.
Toute la moitié sud du volume s’ouvre au soleil, toute la moitié nord s’enfonce dans le sol. La partie émergeante (partie réactive) se déploie sous forme d’un croissant entièrement vitré orienté du sud - sud ouest au sud - sud est pour maximiser le captage solaire. L’ossature est entièrement en bois et la toiture, bien isolée et recouverte d’une couverture végétale. La partie enterrée au nord, n’a pas de forme particulière (murs droits) et présente contre terre des locaux techniques (non habités).
La régulation des airs chauds et froids est gérée par une ventilation mécanique contrôlée avec récupération de chaleur. Ce système aspire en permanence les airs viciés (chauds et humides) des hottes de cuisine, sorties de séchoirs à linge, salles de bains et wc) et les font passer à travers un échangeur thermique avant de les évacuer au dehors. Cet échangeur permet de porter l’air frais, amené de l’extérieur, à 90% de la température moyenne ambiante avant d’être pulsé dans les pièces d’habitation. Ce système permet de tempérer le climat intérieur et d’assainir l’air en minimisant la perte calorifique. |